Années 1800, dans la petite commune de Saumur, Maine-et-Loire. Eugénie mène une existence calme et routinière aux côtés de son père, avare notoire, de sa mère, femme passive et effacée, et de Nanon, confidente de tous les instants et fidèle servante de la famille.
Depuis sa vieille maison sombre où elle tisse et détisse le temps en recousant des torchons, Eugénie ne soupçonne ni la fortune familiale dont elle est l’héritière, ni la puissance de l’amour, ni l’intérêt de déroger au long et étriqué faisceau de sa destinée.
Jusqu’au soir où Charles Grandet, le beau, l’élégant, le délicat, Charles Grandet, apparaît dans sa vie. Le coup de foudre, pour elle, est instantané. L’avenir de la douce et passive jeune femme se verra à jamais bousculé. Si Balzac est aujourd’hui parfois décrié pour son manque de modernité, il dresse ici pourtant un puissant réquisitoire avant-gardiste contre les injonctions imposées aux femmes de son époque. À travers ce portrait lumineux et d’une virtuose précision, il donne à voir combien le poids du patriarcat peut influencer une destinée.