Ce livre est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique.
Hoffmann a été le grand rénovateur d’un genre qui n’avait pas varié ses formules depuis le moyen âge, même dans Faust. Il a épuré le fantastique en le séparant du merveilleux. Selon la belle expression de Barbey d’Aurevilly, il avait obéi à « une voix qui l’appelait au delà de l’être », mais il a eu soin, au moins dans ses bons jours, de s’arrêter en deçà du surnaturel, à l’extrême bord du possible, sinon du réel. Même dans ces limites, la fascination de l’au-delà, favorable à l’écrivain, n’a pas été sans danger pour l’homme. Ces mondes imaginaires, qui font de si jolis jouets intellectuels, semblent devoir coûter cher à leur créateur, peut-être parce qu’il faut y croire soi-même à moitié, au moins pendant qu’on écrit, pour trouver les accents de sincérité et de conviction auxquels le lecteur se laisse prendre ; et cela n’arrive qu’à condition de rêver tout éveillé. L’écrivain fantastique a besoin d’être un peu visionnaire, et Hoffmann l’était.