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Névrosés

Arvède Barine

  • 12 maart 2016
  • 1230001232042
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Samenvatting:

Notre siècle a été favorable à la littérature fantastique. Elle y a trouvé sa Renaissance, dont nous n’avons peut-être encore vu que l’aurore. L’honneur de cette nouvelle floraison revient peut-être à la science. Quand celle-ci nous enseigne qu’une légère altération de notre rétine ferait le monde à jamais décoloré, elle suggère à tous la pensée que le monde réel pourrait bien n’être qu’une apparence, comme le savaient déjà les philosophes. Quand elle nous entretient de créatures douées d’organes et de sens différents des nôtres, elle fait pressentir qu’il doit y avoir autant d’apparences de mondes que de formes d’yeux et de variétés d’entendement. La science devient ainsi l’alliée, et, plus encore, l’inspiratrice de l’écrivain fantastique : elle l’encourage à rêver de mondes imaginaires en lui parlant sans cesse de mondes ignorés.

Hoffmann a été le grand rénovateur d’un genre qui n’avait pas varié ses formules depuis le moyen âge, même dans Faust. Il a épuré le fantastique en le séparant du merveilleux. Selon la belle expression de Barbey d’Aurevilly, il avait obéi à « une voix qui l’appelait au delà de l’être », mais il a eu soin, au moins dans ses bons jours, de s’arrêter en deçà du surnaturel, à l’extrême bord du possible, sinon du réel. Même dans ces limites, la fascination de l’au-delà, favorable à l’écrivain, n’a pas été sans danger pour l’homme. Ces mondes imaginaires, qui font de si jolis jouets intellectuels, semblent devoir coûter cher à leur créateur, peut-être parce qu’il faut y croire soi-même à moitié, au moins pendant qu’on écrit, pour trouver les accents de sincérité et de conviction auxquels le lecteur se laisse prendre ; et cela n’arrive qu’à condition de rêver tout éveillé. L’écrivain fantastique a besoin d’être un peu visionnaire, et Hoffmann l’était. Quand Heine disait de lui : « Sa poésie est une maladie », ce n’était pas une figure de rhétorique ; il n’ignorait pas qu’Hoffmann, à sa table de travail, avait des hallucinations à être saisi d’épouvante, et qu’il les cherchait, les provoquait, sachant bien que plus il aurait le cauchemar de son sujet et de ses personnages, plus son récit s’illuminerait des apparences de la vie et de la réalité...

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