L’action se déroule autour de la noble amitié de deux hommes différents par la situation, le genre de vie, les épreuves, le travail et les idées, mais unis par une commune droiture. L’un, celui qui a souffert, le salarié, le damné de la vie, lève progressivement le voile des mystères à l’autre, celui qui n’a pas souffert, l’aristocrate, enfant gâté de la Terre. C’est comme une aurore qui monte, tantôt dorant les somptuosités d’un lieu bourgeois, tantôt éclairant la tranchée meurtrière, tantôt venant illuminer une villa charmante des environs de Paris, jusqu’au zénith de la certitude.
Dans ces pages, nous nous sentons ramenés au style pur de la simplicité classique, au génie délicat de l’action simple. Pour beaucoup de contemporains, la complication du sujet, l’imbroglio de l’action est en raison directe de la pauvreté de l’idée, parfois nulle, parfois conventionnelle et tendancieuse, toujours indigente. Pour cette oeuvre-ci, c’est exactement le contraire, comme chez les Anciens.
Il existe un petit livre chrétien du IIIe siècle, l’ « Octavius » de Minucius Félix, où comme dans celui de Paul Bodier, deux amis, en dialoguant, cheminent vers la Lumière. Renan en faisait ses délices et l’appelait la perle de la littérature chrétienne. J’ai lu ces deux oeuvres soeurs et à l’une et à l’autre je décerne le même éloge : « Sous les Cendres du Passé » est la perle de l’Occultisme moderne.